Artiste en résidence

Sur les traces du

paysage sonore

Thibaut Quinchon

 

Résidence en juin 2021

Exposition du 9 juillet au

26 septembre 2021

 

Lié à sa série d’œuvres Dissociation qui peint la diversité des paysages sonores du Québec, ce projet artistique de l’artiste Thibaut Quinchon met de l’avant le patrimoine auditif et la musicalité du territoire de la région de Berthier.

 

Au travers d’une résidence artistique de deux semaines réalisée à la chapelle des Cuthbert, l’artiste est allé à la rencontre de la population dans le but de retracer et de comprendre quels sont les éléments du passé, récent ou lointain, qui composaient le paysage sonore de la région. Durant cette période d’exploration, il aura également étudié les caractéristiques acoustiques de la chapelle et expérimenté la projection sonore par l'utilisation de plusieurs haut-parleurs.  

Installée dans les combles du bâtiment ancestral, le résultat est une œuvre immersive exceptionnelle, qui nous transporte dans l’univers sonore d’une époque révolue. En passant par les sirènes des travailleurs de la distillerie Melchers, les sifflets des navires, les chansons locales, les sons de la nature d’ici, du Saint-Laurent et de la vie en communauté, Thibaut Quinchon fait revivre ce patrimoine auditif immatériel, transmis par de précieux porteurs de mémoire.

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Il y a pollution sonore quand l’homme n’écoute plus, car il a appris à ignorer le bruit. La lutte contre cette pollution consiste aujourd’hui à chercher à en diminuer l’intensité. C’est là une approche négative.

- Raymond Murray Schafer

Cofondateur du « projet mondial d’environnement sonore »

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L'écologie sonore

La communauté scientifique s’entend pour dire que nous connaissons aujourd’hui une crise écologique qui a comme origine l’activité humaine. Cette époque de notre planète est nommée l’anthropocène, qui signifie étymologiquement « L’Âge de l’Homme ». Il s’agit d’une nouvelle époque géologique qui se caractérise par l’avènement des hommes comme principale force de changement sur Terre, surpassant les forces géophysiques[1]. Ainsi donc, l’Homme a acquis une telle influence sur la biosphère qu’il en est désormais devenu l’acteur central.

Théorisé pour la toute première fois en 1995 par Paul Josef Crutzen, prix Nobel de chimie, cette nouvelle ère dans la chronologie de la géologie aurait débutée à l’époque de la Révolution industrielle de 1850, succédant à l’holocène, ou l’ère interglaciaire, qui a favorisé l’expansion des sociétés humaines et qui dura plus de 10 000 ans.

Ainsi donc, depuis le milieu du 19e siècle, les différentes innovations humaines (mécanisation, nouvelles énergies (vapeur, électricité et moteur à combustion), transports, etc.) ayant fait basculer une société dominante agraire et artisanale vers une société commerciale et industrielle, ont changé le paysage sonore tel qu'il existait. De par leur puissance, elles sont venues créer un masque sonore qui détériore notre rapport aux détails. S'ensuit alors une lutte pour des « niches » acoustiques qui affectent autant les humains que les animaux. Ainsi, des études montrent la capacité qu’ont certaines espèces citadines d’oiseaux à adapter leurs chants pour conserver une méthode de communication efficace. D'autres expliquent également l’impact néfaste des bruits de moteurs de bateaux sur la communication de certaines espèces aquatiques comme les baleines. Il est aussi connu qu’un bruit environnemental trop élevé augmente le risque d’accidents cardiovasculaires chez les humains.

 

L’écologie sonore est un sujet important, qui touche à différentes disciplines complémentaires : la science, les médias et l’art. La science permet une compréhension des enjeux et soulève des problématiques de conservation ou de santé, les médias (baladodiffusion, médias sociaux, etc.) permettent la mise à nu des enjeux soulevés par la science et enfin, l’art permet la mise en place d’un imaginaire collectif suscitant une amélioration de notre environnement.

 

[1] GEMENNE, François, Marine Denis, « Qu’est-ce que l’Anthropocène? », Vie Publique, 8 octobre 2019.

Thibaut Quinchon

 

Vivant dans Lanaudière, Thibaut Quinchon est un artiste dont la pratique s’articule principalement autour de l’écologie sonore.

Depuis plusieurs années, il parcourt le Québec dans le but de capter ses paysages acoustiques et de mettre en valeur la diversité de son patrimoine auditif. Par son travail, il cherche à développer une conscience collective sur l’importance d’écouter le monde qui nous entoure pour vivre dans un environnement sonore sain.

Contrairement à celui de la vue, le domaine de l’audible nous permet la construction de paradigmes communs. Nous pouvons ériger des barrières pour ne plus nous voir mais nous ne pouvons que très difficilement le faire pour ne plus nous entendre. Par l’étude de nos histoires et de nos sensibilités acoustiques, il cherche à mettre de l’avant une poésie du monde audible dans le but d’améliorer notre rapport au vivant.

Sensible aux effets néfastes que la pollution acoustique peut avoir sur la faune et sur les humains, Thibaut Quinchon s’efforce de promouvoir une écologie de l'écoute en réfléchissant aux sonorités que nous voulons collectivement promouvoir.